Les travaux
2005 - 2006 - 2007 - 2008 - 2009
Projet finition du pont dormant du château de Rochefort
Compte Rendu Pédagogique
Par Bertrand LECOMTE
PRESENTATION DU GROUPE DE BENEVOLES
I) Des bénévoles
a. De multiples différences
Sur les dix volontaires inscrits initialement, deux ne sont pas venus pour des raisons personnelles. C’est donc 8 bénévoles aux origines et aux caractères différents qui se sont retrouvés à Asnières-en-Montagne. Le groupe compte 4 garçons et 4 filles. Tous les garçons sont Français. Il y a Benoit (étudiant en droit), Joseph (jeune bachelier) qui viennent tous deux de la région de Nancy, Baptiste (étudiant en Génie Civil) originaire de Compiègne et Pierre-Alexandre de Dijon (scolarisé en classe de Terminale). Quant aux filles, aucunes ne sont Françaises. Alexandra (alias Sacha) et Nadia, étudiantes en Langues Etrangères Appliquées, sont Russes. Mounia et Jamela, en école d’architecture, sont Marocaines. Toutes les étrangères parlent très bien le Français. Le panel des âges s’étale de 18 ans pour le plus jeune à 24 ans pour la plus âgée. Les garçons sont tous venus séparément tandis que les filles sont arrivées ensemble. Sur le plan des attentes de chacun des bénévoles, certains recherchent, par l’intermédiaire du chantier, un moyen de perfectionner leurs techniques du bâtiment, tandis que d’autres souhaitent découvrir une région, approfondir leur maîtrise de la langue française mais aussi participer à une œuvre utile et citoyenne.
b. Structuration d’une cohésion de groupe
Sans effacer la multiplicité des individualités et tout en en tirant le meilleur parti, il faut créer un groupe sympathique, autonome, dynamique et efficace afin que la force qui s’en dégage puisse être mise au service du projet de restauration de l’association. C’est l’un des objectifs de l’animateur de vie de groupe. Atteindre ce niveau n’est pas chose facile. Afin d’y parvenir, il est normal que l’animateur, référent du groupe et garant de sa cohésion, accueille personnellement les bénévoles dès leur arrivée en gare ou au local si tel est le cas. Par un accueil chaleureux et souriant, suivi d’une discussion décontractée, il s’efforce de rassurer le nouveau venu. Durant le trajet qui mène au lieu d’hébergement, la découverte de l’Autre continue et l’animateur cerne un peu plus les motivations et les attentes de chacun. A chaque nouvelle arrivée, le groupe s’étoffe et les premiers contacts entre bénévoles se nouent. L’animateur par un jeu de questions et d’attentions cherche à déceler les points communs à l’un ou à l’autre pour permettre un rapprochement plus rapide. Dans le cas du plus jeune, Pierre-Alexandre, déposé directement par sa mère au local, il est normal de rassurer cette dernière en lui proposant une visite des lieux de vie et une explication rapide des règles de fonctionnement. Globalement, afin que l’esprit de groupe perdure, se renforce et reste au service du chantier, il est très important que l’animateur soit constamment « attaché » aux bénévoles, sans les chaperonner mais en les épaulant, les écoutant, les valorisant et les réprimant si nécessaire, tant sur le chantier que dans la vie quotidienne. Lors du départ et dans la mesure du possible, il les accompagne jusqu’au dernier moment afin d’éviter chez les bénévoles l’impression d’avoir vécu dans un groupe de parade, artificiel, qui éclate dès l’événement achevé.
II) Un groupe
a. Faire vivre le groupe
Au-delà des réflexions précédentes sur la structuration d’une cohésion de groupe, il ne faut pas oublier que la vie au sein du groupe et donc la vie de ce même groupe est redevable des conditions matérielles mises à disposition par l’association. Pendant trois semaines, le groupe des bénévoles a été hébergé dans l’ancienne école du village d’Asnières, distante de près d’un kilomètre du château. Les locaux, dotés d’une grande pièce à vivre, d’une cuisine, d’une salle de bain et de trois chambres, sont assez dégradés, voire rustique. L’humidité y a causé des ravages. Mais l’association s’est efforcée d’améliorer les conditions de vie du groupe. Les murs des chambres ont été rafraîchis et joliment décorés. Pour le couchage, chaque participant a bénéficié d’un lit confortable, en remplacement des matelas au sol de l’année précédente. Les filles et les garçons ont été séparés (les deux Marocaines, musulmanes pratiquantes, portaient le voile et faisaient la prière cinq fois par jour). La « cuisine » a été pourvue d’un réchaud au gaz, équipé de deux brûleurs, d’un réfrigérateur et d’un lavabo. En complément, l’association a mis à notre disposition un gros congélateur installé dans le couloir. Les sanitaires ont suscité chez certains membres du groupe quelques critiques. Ce n’est pas leur niveau de confort qui était visé mais le regroupement des WC et de la douche dans la même pièce. En réaction, les toilettes de l’école ont été mis à la disposition des bénévoles. Tout le monde était content. Pour se déplacer le groupe profitait de deux voitures, celle de l’animateur de vie et un véhicule de tourisme de location mis à disposition par l’association. Sans cette dernière, il aurait été impossible de se déplacer correctement lors des temps de loisirs.
En concertation avec l’animateur technique et les bénévoles, la conception de l’organisation des journées a été définie. Celles-ci ont été divisées en deux temps. La matinée, de 7 à 13 heures, est consacrée au travail sur le chantier. L’après-midi est réservé aux animations et/ou au repos. Dans certaines occasions, un décalage de l’horaire du chantier et/ou une inversion des temps ont été opérés sur la demande des bénévoles et en accord avec l’animateur technique.
Fort de ces moyens matériels et de cette répartition des temps travail/loisirs, la vie en groupe au quotidien peut s’organiser. Chaque bénévole met ses capacités et son temps au service des autres. Par souci évident d’efficacité, l’animateur a très vite joué un rôle moteur sur le plan de l’organisation de la vie quotidienne. En accord avec le groupe, un planning des tâches quotidiennes a été dressé. Chaque jour, un binôme est responsable de la confection des repas du midi et du soir (le matin, tous participent à la mise en place de la table du petit déjeuner et apportent les victuailles). Deux heures avant la fin du chantier, le binôme est décroché pour assurer sa mission de restauration. Les autres, de retour du travail n’ont qu’à mettre les pieds sous la table. Résultat : un gain de temps pour le repos et les départs en animation. Le soir, l’horaire des repas n’est pas régulier. Il dépend de la durée des activités de l’après-midi. Il est bon de noter que les filles se sont toutes surpassées dans l’art culinaire. Les Marocaines et les Russes ont réalisé, pour le plaisir des papilles de chacun, quelques plats typiques de leur pays. Afin de soulager les responsables des repas quotidiens, un second binôme, celui chargé la veille du menu, s’occupe de la vaisselle et du nettoyage quotidiens. Le samedi ou le dimanche, en fonction des disponibilités, les menus sont fixés lors d’une assemblée plénière pour toute la semaine. Chaque binôme « repas » construit le menu pour la journée dont il est responsable et dresse la liste des ingrédients nécessaires. Après centralisation des demandes établies par chaque binôme, les courses sont faîtes en conséquence le lundi, dans la matinée ou l’après-midi selon les circonstances. L’animateur prend alors sa voiture et se fait accompagner par un ou deux volontaires qui en profitent pour faire quelques achats personnels. L’entretien du logis est suivi correctement mais des opérations coup de main sont organisées. Après constitution de « commandos nettoyage », affectés chacun à une pièce du local, en une demi-heure le nettoyage complet était fait. Sur le plan de la répartition des tâches et de leur réalisation, l’animateur vie de groupe est très satisfait. Du rôle moteur, il est passé au rôle bienveillant. La machinerie était bien huilée.
b. Bilan moral de la vie de groupe
Dresser un bilan moral de l’action et de la dynamique interne du groupe des bénévoles de cette année nécessite de séparer l’activité sur le chantier de la vie hors du chantier proprement dit.
En tendant l’oreille hors du groupe, il semble que celui-ci ait donné de lui une image plutôt mitigée. Cet écho résulte de l’impression ressentie et exprimée par quelques membres de l’association. Ces derniers, subjugués par le souvenir du groupe ultra performant sur le chantier de l’an passé, ont regretté un manque d’efficacité et d’entrain au travail des bénévoles de cette session. De mon point de vue, je ne peux que constater et regretter également la moindre quantité et qualité des réalisations de cette année. C’est un fait.
Dans le domaine de la vie quotidienne, en tant qu’animateur de vie, je suis plutôt satisfait. Tous les bénévoles se sont impliqués à part égale et avec efficacité dans la vie du groupe. Les binômes ont très bien fonctionné. Seul petit bémol : l’usage de la seule douche un peu trop long pour certaines personnes, notamment les filles, avec les conséquences imaginables, manque d’eau chaude pour les suivants et pertes de temps pour les départs au chantier ou en animation. Sur ce point, les choses se sont progressivement arrangées. L’ambiance est restée très conviviale et sympathique. Les membres du groupe étaient de grands parleurs et penseurs. Dès que l’occasion se présentait, de nombreuses discussions, parfois enflammées et virulentes, s’engageaient. La découverte des autres cultures, russe, musulmane et française, a souvent été au cœur de bien des débats, tous très intéressants. A aucun moment on n’a senti un affaiblissement de l’ambiance, si ce n’est peut-être la dernière semaine. Certains bénévoles ont été de véritables moteurs dans la vie de groupe et ont contribué à faciliter l’intégration de tous, y compris une jeune fille membre de l’association qui venait donner quelques coups de mains lors de la dernière semaine de chantier. Je les en félicite. Toutefois, je regrette les départs prématurés mais bien compréhensifs de certains bénévoles, notamment Benoit, Joseph et Mounia qui nous ont privé trop tôt de leurs qualités.
c. Incidents vécus et améliorations à prévoir
Tout au long du chantier, plusieurs incidents se sont succédés. Ils mettent en valeur quelques points à améliorer et les limites de l’action des animateurs confrontés à des majeurs.
Le premier problème auquel a été confronté l’animateur de vie dès son arrivée fut le manque d’informations relatives aux horaires et lieux d’arrivée de certains bénévoles. A cet égard, le cas des Marocaines est exemplaire. Elles avaient signalé à un responsable de l’association qu’elles arriveraient non pas le dimanche mais le lundi. Et ce n’est pas cette information qui a été transmise mais des renseignements erronés qui ont provoqués des trajets pour la gare et des temps d’attente inutiles.
Le second problème a été soulevé par Mounia, l’une des Marocaines, âgée de 24 ans. A aucun moment elle n’est venue d’elle-même nous annoncer son diabète. Ce qui peut être son droit. Sauf que cette maladie implique un traitement assez lourd et des efforts moins importants sur le chantier. C’est Jamila, son amie, qui nous l’a confié quelques jours avant la catastrophe survenue un matin. Tandis qu’elle poussait une brouette, elle s’effondre victime d’un malaise. Aussitôt j’interviens et la conduit aux services des urgences de Montbard où les médecins découvre un taux de glycémie de beaucoup supérieur à la normale. Ce qui implique une hospitalisation pour trois jours. La cause de cet incident, un traitement non suivi régulièrement. Mounia m’a ensuite dit qu’elle n’aimait pas prendre de médicaments et que régulièrement au Maroc elle avait les mêmes crises. Dès son retour sur le chantier, nous avons choisi de vérifier de visu qu’elle suivait son traitement. Ce qui est tout de même surprenant et paradoxal quand on sait que la personne est majeure et donc responsable de ses actes !
PRESENTATION DES LOISIRS ET RELATIONS AVEC LA POPULATION LOCALE
I. Les loisirs
Puisque la journée se décomposait en deux temps, le second reprenait l’ensemble des « animations réussies » proposées par l’animateur et disposées par les bénévoles. Dès le début du chantier, l’animateur a soumis au vote une série d’activités aux bénévoles qui ont tous manifesté leur approbation. Certains ont d’ailleurs émis des souhaits de visite qui ont été comblés : site d’Alésia, ville de Dijon… A noter, la visite de Dijon a été entièrement organisée et assurée par Pierre-Alexandre, originaire de Dijon. Par souci d’efficacité et d’adaptation, l’animateur a fixé lui-même le planning des activités. Mais cette organisation gardait toute sa souplesse pour intégrer des moments de convivialité mis en place par l’association (barbecue) ou des rencontres interchantiers. L’ensemble du groupe a été totalement satisfait par les animations et a repris à son compte l’expression : « encore une animation réussie ! ».
Programme des « animations réussies »
Dimanche 16 juillet : arrivée et installation des bénévoles, le soir apéro-dînatoire offert par l’association.
Lundi 17 juillet : balade jusqu’à Cry sur Armençon.
Mardi 18 juillet : Randonnée de 12 kms « Trouver la carrière ».
Mercredi 19 juillet : Baignade à Nuit sur Armançon.
Jeudi 20 juillet : Visite générale de Montbard (rues et parc) + quartier libre.
Vendredi 21 juillet : Visite du site d’Alésia, d’Alise Sainte Reine et de Flavigny sur Ozerain.
Samedi 22 juillet : Repos après-midi, définition des menus pour la semaine à venir, le soir apéro chez Jean à Ravière et concert à Ravière.
Dimanche 23 juillet : Participation au Vide Grenier du chanteau pendant lequel les bénévoles tiennent un stand taille de pierre. Le soir : feu d’artifice à Ravière.
Lundi 24 juillet : Visite des Forges de Buffon.
Mardi 25 juillet : Visite de l’architecte au château, présence des bénévoles qui poursuivent le chantier l’après-midi.
Mercredi 26 juillet : Rencontre inter-chantier avec Grosbois + baignade dans le réservoir
Jeudi 27 juillet : Réception du groupe de bénévoles de Noyers sur Serein pour une rencontre interchantier.
Vendredi 28 juillet : Visite guidée du château d’Ancy le Franc. Le soir : cinéma gratuit à Montbard
Samedi 29 juillet : Repos et le soir visite d’un ancien bénévole de l’an dernier et nuit à la belle étoile.
Dimanche 30 juillet : Visite de Dijon toute la journée.
Lundi 31 juillet : Repos
Mardi 1er août : Visite de Noyers sur Serein et rencontre interchantier
Mercredi 2 août : Matin accrobranche
Jeudi 3 août : Visite des musées de Montbard (tour Buffon, musée Buffon et musée des Beaux-Arts)
Vendredi 4 août : Visite de l’abbaye de Fontenay et le soir barbecue proposé par l’association
Samedi 5 août : rangement et nettoyage du local
Dimanche 6 août : départ
II. Les relations avec l’association et la population locale
Tout au long du chantier, des membres de l’association nous ont visité régulièrement. Certains apportaient des gâteaux. Ils étaient aux petits soins pour nous, prêts à améliorer le confort du local et à remplacer dans la journée le frigo tombé en panne. En début et en fin de chantier, l’association a organisé un barbecue qui donnait l’occasion aux différents acteurs du chantier de se découvrir et de s’apprécier. D’après les bénévoles, les personnes de l’association les plus présentes et les plus disponibles furent Gwen, Jean, Guy et sa femme Cécile.
Seul petit regret : l’image mitigé que certains membres ont eu du groupe.
Deux journaux locaux ont publié des articles sur le chantier. C’est une bonne reconnaissance du groupe des bénévoles et de leur action. Tout au long de la session, les visiteurs furent nombreux au château. Lors du Vide Grenier, les bénévoles ont tenu un stand taille de pierre. Ainsi ils ont pu faire connaître leur action au public des visiteurs et récolter quelques pièces.
Le Bien Public - Juillet 2006 - Version Papier - Pierre après pierre Rochefort se restaure
L'Yonne Républicaine - Juillet 2006 - Trois Chantiers en cours
Alors, félicitations aux jeunes de cette année et à toute l’équipe d’encadrement